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I need some help ~ Théodore
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MessageSujet: I need some help ~ Théodore Lun 12 Sep - 12:51



I need some help


   


Dimanche 17 Avril

Il faisait nuit noire et Gavriil était bien incapable de deviner l'heure. Il pouvait tout aussi bien être onze heure du soir que trois heure du matin. Combien de temps était-il resté là dedans ? Combien de temps avait-il fallu à cet homme pour en finir avec lui ? Il n'en avait aucune idée. Il n'avait même pas envie de le savoir. Bien trop peu, quoi qu'il en soit. Il n'avait fallu que quelques heures pour qu'il soit dans cet état... Le blond referma la lourde porte derrière lui et se retrouva dans la rue. Autour de lui, de belles maisons entourées de gazon propret bordaient les trottoirs. Les lumières étaient toutes éteintes et seuls quelques lampadaires éclairaient la voie. Il n'y avait pas un son, pas un souffle, pas une âme. Tout semblait figé et irréel. Le monde avait l'air si propre et beau... Comment pouvait-il en être ainsi ? Comment tout pouvait rester aussi tranquille, aussi paisible, après de telles horreurs ?!

Il avait l'impression de sortir d'un mauvais rêve. Les contours de la pièce dont il venait de sortir s'effaçaient déjà dans son esprit pour laisser place à la rue, comme s'il avait ouvert les yeux pour faire disparaître les images d'un cauchemar. Pourtant la douleur, elle, ne s'effaçait pas. Ni les souvenirs. Gavriil se mordit la lèvre. Tenta d'oublier cette sensation persistante d'humiliation et de crasse qui lui collait à la peau. Voulu inspirer une bouffée d'air frais. Ses poumons se bloquèrent à peine les avait-il gonflés. Le simple fait de respirer un peu trop profondément faisait si mal... Ses dents s'enfoncèrent un peu plus dans la peau de sa lèvre. Il n'avait pas le droit de se plaindre. Il l'avait cherché, c'était son métier, c'était sa façon de vivre. Ce n'était pas la première fois. Pas la dernière non plus. Ce n'était que quelques coups, ça allait passer, ça passait toujours... Il n'avait pas le droit de se plaindre. Il n'avait pas le droit de se plaindre. Il n'avait pas le droit de se plaindre.

Une perle salée roula sur sa joue. Dans la fraîcheur de la nuit, elle lui sembla brûlante. Il fit un pas en avant en vacillant alors que d'autres larmes suivaient la première. Le mouvement lui tira un léger sanglot malgré lui. Ses muscles le faisant affreusement souffrir mais ce n'était rien comparé à la douleur qui partait du haut de ses omoplates pour courir dans son dos, serpenter sur ses hanches et s'égarer jusqu'en haut de ses cuisses. Chaque pas lui tirait une grimace et il ne parvenait même pas à rester droit.

Plié par le supplice, il chancela le long du trottoir. Il fallait s'éloigner d'ici. Mettre le plus de distance possible entre lui et cette maison de malheur qui ressemblait pourtant à toutes les autres. Au bout de quelques mètres, il s'arrêta pour enlever ses talons. Il avait tellement l'habitude d'en porter que ces chaussures avaient fini par être presque une partie intégrante de lui, mais là il sentait que s'il les gardait il allait tomber. Il peinait à garder son équilibre et boitillait piteusement, s'appuyant parfois contre les murs pour rester droit. Ses talons à la main, il continua son chemin sans se soucier du froid qui mordait la plante de ses pieds ni de sa vue brouillée par les larmes. Il connaissait la ville par cœur, dans ses moindre recoins. Il suivait son instinct, marchant au hasard, un bras ramené contre lui pour appuyer contre sa poitrine dans l'espoir d'endormir la douleur ou de l'aider à mieux respirer, il ne savait pas trop.

Lentement, pas à pas, il rejoint le Chemin de Traverse. Il était vide et bien loin de son agitation quotidienne en journée. Mais il s'en fichait. Il se contenta de longer l'avenue sur quelques mètres avant de bifurquer et de continuer à marcher. Il ne savait pas où aller. Parfois il se réfugiait chez Eden. Il ne pouvait pas rentrer chez lui à cette heure, quelle qu'elle soit, il était trop tard pour prétendre qu'il venait de terminer son travail au Helly Heaven. Et il ne pouvait pas se montrer comme ça devant ses parents.

La brune elle, connaissait ses activités. Il n'avait rien à lui cachait. Il utilisait les clés d'Eden pour se faufiler dans son salon et dormir sur son canapé en prenant soin de ne pas la réveiller, ou alors elle le voyait car elle ne dormait pas, mais dans tous les cas, le soir ou le matin, elle prenait le temps de le soigner sans poser de questions, sans lui faire la morale. Mais quand ses clients étaient trop violents il ne se résolvait pas à se rendre chez elle. Il avait trop conscience de ce que ça impliquerait. Et quand bien même... Il se sentait si misérable, si sale, si insignifiant... Il était là, dehors, avec nulle part où aller, personne pour l'aider. Il avait envie de se rouler en boule et d'attendre jusqu'à ce qu'il ne ressente plus rien.

Mais comme si Merlin lui avait même ôté ce simple droit si fondamental de tout abandonner, il se mit à pleuvoir. Debout sous la pluie, Gavriil se traîna comme un fantôme dans les ruelles alentours à la recherche d'un endroit sec où il pourrait passer la nuit. Ses pieds nus s'enfonçaient dans les flaques et ses vêtements étaient imbibés d'eau. Ses cheveux défaits gouttaient pitoyablement mais il  n'y faisait même pas attention. Sans qu'il sache trop comment, ses pas le menèrent jusqu'à un bel immeuble. Il resta un instant devant la façade à contempler les fenêtres éteintes. Là, au dernier étage, Théo devait passer une nuit comme toutes les autres, à dormir tranquillement. Le russe éclata de nouveau en sanglots sans réussir à s'arrêter. Il était tellement minable ! Tout ce dont il pouvait rêver, c'était de le regarder de loin. Ils n'étaient pas du même monde. Il n'avait même pas le droit de caresser l'espoir d'en faire partie un jour...

Un coup de vent froid le fit claquer des dents. La pluie semblait s'être infiltrée jusque ses os et soudainement frigorifié, il poussa la porte pour se réfugier à l'intérieur. Le reflet d'une vitre lui renvoya l'image de ce qui avait l'air d'être une blonde, les cheveux pendants sans formes, rendus raides par la pluie, dont les restes du maquillage qui avait coulé ne cachait pas le bleu énorme qui se formait sur sa pommette et dont les yeux vides dégoulinaient de larmes. Son visage était trempé, sa lèvre fendue, et elle se tenait voûtée. Gavriil la trouva lamentable. Préférant ne pas s'attarder sur son reflet, il entreprit difficilement de grimper les cinq étages de l'immeuble. Là, en haut des marches, enfin, il se laissa glisser contre le mur et une fois au sol, remonta ses jambes contre lui et se recroquevilla, ignorant la douleur lancinante que lui provoquait la position assise.

Se laissant sombrer dans le néant, il ferma les paupières. Maintenant il pouvait disparaître en paix... Il ne savait pas depuis combien de temps il était ainsi pelotonné lorsqu'il entendit les pas s'approcher. Il flottait entre deux mondes sans avoir vraiment conscience de ce que l'entourait et avait perdu toute notion de temps depuis qu'il était entré dans la pièce de son client. Il n'avait même plus mal. Il était même presque bien. Il ne savait pas où il était, mais il s'en fichait. Il voulait juste disparaître... Les bruits de pas lointain s'arrêtèrent et une ombre obscurcit la vision du jeune homme sans qu'il sache si elle était réelle ou si c'était simplement la mort qui venait enfin le délivrer. Une dernière larme coula sur sa joue. Il regrettait juste de ne pas avoir pu revoir Théo. Il y avait pensé si fort ce dernier mois... Il n'avait jamais quitté son esprit et finalement il partirait sans que le brun ne sache jamais ce que Gavriil avait ressenti pour lui. Tant mieux... Au moins il avait réussi à sauver quelqu'un en le tenant éloigné de lui. Il espérait juste qu'il serait heureux. Et qu'il ne lui manquerait pas trop, une fois qu'il serait mort. Il souhaitait juste pouvoir l'observer de là-haut, c'était tout. Sinon il savait que son absence lui ferait trop mal...

-Théo... sanglota-t-il faiblement en agrippant le tissu chatoyant de la cape de la mort. Théodore... Pardon...  



© Aelyne




Dernière édition par Gavriil A. Ivanovski le Mar 20 Sep - 17:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: I need some help ~ Théodore Sam 17 Sep - 0:00





I Need Some Help


 


Dire que la soirée avait commencé de manière somme toute banale. Théodore s’était rendu dans le manoir principal de la famille Crowford, non pas celui où vivait son père, mais celui où vivait son oncle. Mais ce n’était pas ce dernier qu’il était venu voir, mais son cousin, Ezéchiel – Uriel pour les intimes – ce qui ne l’avait pas empêché de saluer sa tante, Octavie, en se demandant une fois de plus ce qu’elle faisait mariée avec ce qui lui servait de mari. Ce fut dans sa chambre qu’il trouva Ezéchiel et après quelques banalités – bien que ce terme perde tout son sens lorsqu’il était question de Crowford – le diplomate avait fini par proposer à son cousin d’aller faire un tour. Du coup, ils s’étaient retrouvés dans un bar – « Tout sauf le Helly Heaven ! » avait précisé Ezéchiel, dommage, Théodore aurait bien été voir Gavriil lui, mais ça attendrait plus tard – à discuter de tout et de rien en vidant des verres de whisky pur feu. Plus la soirée avançait et plus les deux comparses s’amusaient, riant des idioties qu’ils sortaient ou des commentaires qu’ils faisaient concernant leurs collègues du Ministère de la Magie. Sans grande surprise donc, après tout c’était toujours le cas avec lui, Théodore avait passé une excellente soirée avec Ezéchiel et, en sa compagnie, il n’avait pas vu le temps passer. Résultat, il ne se décida à rentrer chez lui qu’à une heure avancée de la nuit – ou plutôt du matin.

L’aristocrate était d’excellente humeur lorsqu’il transplana devant son immeuble et il gravit les cinq étages qui le séparait de son appartement – qui occupait tout le dernier étage de l’édifice – en sifflotant joyeusement, sans se soucier de ses voisins. De toute manière, son bâtiment était conçu de telle sorte que les résidents n’entendaient presque rien de ce qu’il se passait dans les escaliers ou encore dans les couloirs. Parvenant au bout de son ascension, il extirpa les clefs de son appartement de sa poche tout en atteignant le vestibule menant à sa porte. Avant de s’arrêter net, faisant malencontreusement tomber le trousseau qu’il venait de sortir. Là, devant sa porte, se trouvait une jeune femme, trempée jusqu’aux os, ses cheveux blonds et humides tombant sans forme autour de son visage baissé, ses talons négligemment renversé près d’elle, elle semblait meurtrie, gelée et désespérée. Les yeux bleus du Crowford s’étaient à peine posée sur elle qu’il l’avait reconnu et que son cœur avait raté un battement. Gavriil. Que faisait-il donc là, devant sa porte, à près d’une heure du matin, et dans un piteux état ? Il n’en savait rien, mais il était hors de question qu’il le laisse ici ! Il fallait lui venir en aide, le réchauffer, lui changer ses vêtements et lui donner un grand bol de chocolat chaud.

Théodore se baissa donc brièvement pour récupérer ses clefs avant de s’approcher de Gavriil. Ce dernier releva alors la tête vers lui et il constata, non sans effroi, qu’un énorme bleu barrait sa pommette gauche, ainsi que la lèvre fendue. L’espace d’un instant, le diplomate s’arrêta, interdit, devant ce spectacle avant d’entendre le russe lui demandait pardon. Retrouvant tout à coup sa capacité de se mouvoir, il s’agenouilla près de lui et, le plus délicatement du monde, pour ne pas lui faire mal, il posa sa main sur sa joue – celle dépourvue d’hématome – pour la caresser tendrement, un sourire rassurant aux lèvres.

-Ne t’excuse pas Gavriil, souffla-t-il d’une voix calme et douce. Je vais m’occuper de toi, tout va bien se passer tu verras.

Avec la même délicatesse que lorsqu’il avait touché sa joue, Théodore glissa un bras sous les genoux de Gavriil, attrapant au passage ses talons par leurs sangles, tandis que le second venait se glisser dans son dos. Doucement, il le souleva dans ses bras, telle une princesse de conte de fée, et le garda contre son torse. Il parvint ensuite habilement à ouvrir la porte de son appartement – qu’il claqua derrière lui – avant de pénétrer dans l’habitation et de déposer, en douceur, le blond sur son canapé – des plus confortables, était-il nécessaire de le préciser ? Il se redressa alors, posant négligemment les talons hauts du russe sur sa table basse, et ôta sa veste de costume avant de s’asseoir sur la table basse.

-Pustule ! appela-t-il avant que son elfe de maison n’apparaisse dans un crac sonore. Apporte-moi mon peignoir, la trousse de soin et prépare un chocolat chaud, ordonna-t-il ensuite à l’elfe qui disparut aussitôt.

Une fois ses ordres donnés, il reporta son attention sur Gavriil qu’il aida à se redresser doucement, en essayant de ne pas le brusquer. Il ne savait pas ce qu’il s’était passé, ni pourquoi le blond se trouvait devant sa porte, il espérait juste qu’il n’avait pas attendu trop longtemps qu’il rentre. Pour le moment, le plus urgent n’était pas de lui poser des questions mais bel et bien de prendre soin de lui avant qu’il n’attrape un rhume ou une pneumonie.

-Gavriil, redresse toi, il faut que je t’enlève ta robe, sinon tu vas prendre froid, l’informa-t-il d’une voix toujours aussi calme.

Sans quitter des yeux le jeune homme, et plus particulièrement son visage, il tâtonna doucement dans son dos à la recherche de la glissière de sa robe. Lorsqu’il trouva la fermeture éclair de cette dernière, il la descendit doucement, inconscient de ce qu’il allait trouver sous le tissu. Pour le moment, sa seule préoccupation était de savoir si Gavriil avait de la fièvre à être rester sous la pluie comme cela semblait être le cas. Qu’il en ait ou non importait peu et ne changerait rien au fait qu’il était bien décidé de s’occuper de lui et de le remettre sur pieds.



© Aelyne


Le plus important, c'est d'être
soi-même, quoiqu'ils en disent
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MessageSujet: Re: I need some help ~ Théodore Mar 20 Sep - 17:43



I need some help


   


Dimanche 17 Avril

Gavriil n'avait plus ni mal, ni froid. Il ne sentait plus rien. Finalement ce n'était pas plus mal... Il n'avait jamais eu le courage de mettre fin à ses jours par lui-même. Même lorsqu'il croyait que plus rien ne le poussait à vivre, il y avait toujours des choses. Des gens. Et il n'avait jamais pu se résoudre à les abandonner. Mais cette fois, il le devrait... Il espérait qu'ils ne seraient pas trop tristes. Qu'ils ne lui en voudraient pas trop. Et Théo...

Il l'avait évité depuis des semaines. Il savait que le Crowford avait souhaité le revoir. Il était passé au Helly Heaven plusieurs fois. Et à chaque fois le blond avait filé dans l'arrière boutique en demandant à Eden de faire comme s'il n'était pas là. Sauf une fois, où le brun l'avait pris de court. Il s'était efforcé de poser une barrière entre eux même s'il lui avait souri. Il ne fallait pas qu'ils se rapprochent. Il ne fallait pas que Théo s'attache à quelqu'un comme lui. Lana avait beau lui dire que lorsqu'on s'accrochait, l'amour pouvait tout résoudre, aucune relation le ferait redevenir humain, effacer son passé et le faire devenir devenir une personne bien. Il n'attirerait que des ennuis à Théodore. Un Crowford qui sortait avec un travesti, ex prostitué et loup-garou... Personne ne laisserait jamais passer ça, et surtout pas l'actuel chez de famille.

Alors oui, il aimait Théo. Il l'aimait d'un amour ardent et désespéré mais que pouvait-il bien faire ? Bien sûr qu'il était amoureux. Terriblement amoureux. Tous les jours, à chaque seconde, quoiqu'il fasse, l'image du diplomate restait imprimée sur sa rétine et rien n'arrivait à l'en chasser. Il l'aimait de manière presque douloureuse, il le sentait dans son cœur, dans sa chair et même dans ses os. Tout son être lui hurlait en permanence de céder, d'arrêter cette torture et d'enfin, enfin aller se réfugier dans ses bras pour tout lui avouer. Mais c'était aussi et justement parce qu'il l'aimait qu'il devait accepter de se tenir loin de lui. L'amour ne souhaitait pas le malheur de l'être aimé, et Gavriil avait bien conscience qu'il n'apporterait rien de bien à Théodore. S'il voulait respecter cet amour, alors il devait juste lâcher prise...

Mais ça, il se savait incapable de le faire. Il allait finir par craquer. Il était un monstre, un monstre d'égoïsme avant même de l'être de part sa nature de lycan. Il allait le faire souffrir simplement parce qu'il n'avait pas été assez fort pour l'éviter... Alors à côté de l'horreur de cette situation, la mort était plus douce. Grâce à elle, Théo vivrait heureux. Et si, de l'au-delà, il pouvait continuer à le regarder alors le russe s'estimait comblé. C'était tout ce qu'il demandait...

Loin, très loin au dessus de lui, une voix retentit et Gavriil la perçue comme à travers un long tunnel. Son prénom... Il lui semblait avoir entendu son prénom. Mais il n'avait pas la force d'ouvrir les yeux pour voir qui lui parlait. La voix était si douce... Il avait envie de lui faire confiance, de s'abandonner à elle. Elle avait le timbre de celle de Théodore, mais Théodore était chez lui, de l'autre côté du mur. Ça ne pouvait pas être lui. Peut-être son temps était-il enfin venu. Peut-être allait-il enfin pouvoir mourir...

-Я доверяю тебе (/je te fais confiance/)... Souffla le blond dans un souffle si bas qu'il n'était pas certain de l'avoir vraiment dit.

C'est alors qu'il se sentit soulevé du sol. Une tiède chaleur l'enveloppa et inconsciemment, il alla se blottir contre cette source de chaleur si agréable, laissant sa tête s'appuyer contre une surface aussi chaude que le reste. Quelque part, une porte claqua, et la voix résonna à nouveau. Trousse de soin... Des soins... Pourquoi ? Personne n'avait besoin de soins une fois mort... Pourtant autour de lui, ses yeux mi-clos percevaient les formes du contour d'un appartement. Je connais cet appartement... Fit une pensée confuse dans son esprit embrouillé.

Le nom de Théodore émergea difficilement et il n'eut même pas le temps de réfléchir davantage que brusquement le visage du brun apparu juste devant ses yeux. Le client sadique. La pluie. Le pallier. Le pallier ! Il était à présent à moitié allongé dans un canapé qu'il avait déjà vu. Théodore l'avait fait entrer chez lui ! Comprenant que rien n'allait jamais dans le sens qu'il souhaitait et qu'il avait encore fait irruption dans la vie du Crowford au pire moment qui soit, Gavriil sentit un désespoir profond, insondable et ténébreux lui tomber dessus. Il avait juste voulu mourir tranquillement et il se retrouvait devant lui dans la situation la plus misérable qui soit ! Jamais il n'avait voulu qu'il le voit en si piteux état ! Il avait simplement souhaité disparaître de sa vie et voilà qu'il cédait déjà... Et le pire, le plus lamentable, ce qui le faisait se sentir encore plus bas que terre... C'était qu'il ne pouvait s'empêcher d'en être heureux.

La main de Théodore passa dans son dos pour l'aider à se redresser, et subitement toute la douleur qu'il avait oublié en sombrant revint d'un seul coup. Un cri de souffrance échappa au blond quand ses doigts appuyèrent sur sa colonne vertébrale et sur les plaies qui lui couvraient le dos. Ses fesses, qui supportaient une bonne partie de son poids, le tiraillaient affreusement, et tout corps émettait de sourdes protestations qui lui faisait serrer les dents. Il avait tellement mal... Et malgré la tiédeur de l'appartement, il avait toujours si froid qu'il tremblait encore.

-Q... Qu'est-ce que... T... Tu fais... Là... ? Articula-t-il difficilement.

Il était censé dormir et ne pas le trouver devant sa porte de si tôt ! Quoique maintenant qu'il y pensait, s'il s'était laissé mourir sur son perron Théo aurait subi une découverte probablement encore pire...

-NON ! Hurla alors le blond en faisant un bond en avant pour échapper aux doigts de Théodore qui voulait ouvrir sa robe.

Le contrecoup ne se fit pas attendre et Gavriil sentit sa tête lui tourner sous la douleur atroce qui l'envahissait. Il laissa échapper un gémissement mais se traîna tout de même avec peine à l'autre bout du canapé pour mettre de la distance entre lui et Théo. Il ne fallait pas, surtout pas qu'il découvre... Tout ça. Il n'avait même pas osé prendre de douche de peur que son client ne veuille continuer et il était parti tout de suite. Si Théo lui ôtait sa robe... Il ne pourrait plus jamais le regarder dans les yeux.

-Je vais rent... Rentrer... Laisse moi rentrer... Sanglota-t-il.

Il pourrait toujours demander de l'aide à... Il ne savait pas trop. Il ne pouvait pas aller voir Eden, la perte du bras de Gidéon l'avait trop fait souffrir et elle était assez mal ces dernier sans qu'il en rajoute une couche. Damian vivait avec sa famille. Logan avait sa Joy. Alek... Il n'allait pas le déranger pour ça. Peut-être Lana pourrait l'aider ? Elle était médicomage... Mais ce n'était pas à elle de faire ça. Mais ce n'était pas non à Théo. Il ne voulait pas être un poids et il l'était malgré lui... C'était atroce.

-не смотрите... пожалуйста....  не смотри на меня... (/Regarde pas... S'il te plait... Me regarde pas/).

Il avait bien trop honte pour supporter le regard de Théo. Bien trop peur qu'il découvre ce qu'il cachait et qu'il décide que c'en était trop. Si jamais il le rejetait... Il ne le supporterait pas...



© Aelyne


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