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Devil inside ~ Théo
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MessageSujet: Devil inside ~ Théo Dim 6 Mar - 15:13



Devil inside


   


Vendredi 11 mars 2016

La musique joyeuse et entraînante que l’orchestre passait n'arrivait pas à égayer Gavriil. Assis au comptoir, il regardait son verre d'un air vide. Il avait commencé la soirée comme d'habitude, à se balader parmi les sang-purs en faisant de beaux sourires, saluant ses clients habitués et se présentant aux nouveaux potentiels. Et puis... Il y avait cet homme. Alexandre Crowford. Bon, le russe n'était pas bête, il savait bien qu'évidemment il n'était pas le genre à se payer des prostitués, donc il s'en était toujours tenu loin. Mais là, alors qu'il disait parlait, il avait senti un regard sur lui et lorsqu'il s'était retourné... Il avait rencontré les yeux du chef de la Crowford. Et ses prunelles de glace montraient très clairement tout le dégoût et le mépris que lui inspirait le blond. Face à cette expression, Gavriil s'était comme un insecte sur un carrelage rutilant. Il avait bien compris qu'il n'était pas à sa place...

D'ailleurs, où l'avait-il sa place ? Il n'était même pas humain. Il ne faisait que prétendre qu'il l'était, en se cachant derrière des sorts de glamour et des sourires pour tromper les autres. L'espace d'un instant, il avait cru qu'Alexandre avait lu en lui ce qu'il peinait tant à cacher. Il avait craint qu'il ait découvert son secret et ses salissures... Mais il n'avait même pas eu besoin de savoir ça pour le mépriser. Même sans ses vilains secrets, il n'était pas le bienvenu ici. Il baissa les yeux vers ses mains. Elles étaient blanches comme le reste de sa peau, pourtant Gavriil les détestaient. Il détestait ce corps et ce qu'il en faisait. Pendant un temps, être Gabrielle l'aidait à oublier tout ça, mais à présent, même cette méthode ne marchait plus. Il avait trop sali Gabrielle aussi... Et si ça continuait il allait finir par salir toute sa famille. Et Eden. Elle commençait enfin à aller mieux, à sortir la tête de l'eau. Elle se reprenait et lui était encore là, à patauger. Il avait peur, parce qu'il savait qu'elle ne le laisserait pas se noyer. Mais il redoutait par dessus tout de l'emporter avec lui dans sa chute...

Le cœur de Gavriil se serra à tel point qu'il en eut la nausée. Il se sentait mal et sa tête lui tournait. Il entrelaça ses doigts pour empêcher ses mains de trembler. Non, il ne salirait pas les gens qu'il aime. Il ne le ferait pas. Il devait juste les protéger. Aider sa famille. C'était ainsi qu'il serait utile. S'il restait amorphe et sans rien faire... Alors là, il coulerait. Qu'importe qu'il soit méprisable. Il ramènerait de l'argent à ses frères et sœurs. C'était la seule chose qui comptait. Qu'ils soient heureux. Il devait tout faire pour leur bonheur, jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Donner le maximum pour eux. Fermant les yeux, le russe inspira doucement. Oui... Il n'avait pas mis une jolie robe pour rien. Le but, c'était qu'on la lui enlève et qu'il soit payé. C'était bientôt l'anniversaire de Sonia en plus... Et il aurait aimé lui faire un beau cadeau.

Recomposant tant bien que mal son air avenant, il se força à tenter de penser à l'instant présent et à rien d'autre, mais son cœur restait bien trop lourd pour sa poitrine. Il se sentait tellement fatigué... Fatigué de tout ça. Il avait l'impression de porter un trop gros poids sur ses épaules, et qu'un jour ou l'autre, il allait terminé écraser.

Un mouvement à sa droite attira son attention. Un homme venait d'arriver au comptoir, et en le voyant de profil, le russe reconnu Théodore Crowford. Il n'avait encore jamais essayé de parler à l'un des membres de la branche secondaire de cette famille, mais il savait de source sûre que le cousin d'Ezéchiel ne s'entendait pas avec son oncle, et qu'il était plus aimable que ledit oncle. De toute façon, aucune personne censée ne pouvait être pire que celui-là...

-Salut, fit-il en souriant. Je crois que vous allez devoir vous servir vous-même, le barman est parti avec une rousse depuis presque quinze minutes.

Et puis avec un peu de chance il pourrait se faire de l'argent, il était riche. Sans compter qu'il ne couchait que rarement avec des jeunes... S'il pouvait éviter un nouveau cinquantenaire...



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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Dim 6 Mar - 22:44





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Devant le miroir de son dressing, Théodore ajustait sa chemise pour qu’elle n’ait aucun pli, ensuite il enfila la veste de son costume bleu par-dessus. Il laissa cette dernière ouverte, pour donner un effet plus décontracté et moins guindé et jugea son reflet dans le miroir. Oui, c’était pas mal, tout à fait approprié à une fête de sang pur. Il ne manquait plus qu’une chose à sa tenue, une chose essentielle : un chapeau. Une tenue sans chapeau, c’était comme un repas sans dessert, incomplet, du moins à ses yeux. Aussi prit-il le plus grand soin de choisir le couvre-chef qu’il porterait ce soir. Après en avoir essayé plusieurs, il opta pour un simple chapeau noir orné d’un ruban du même bleu que son costume. Sobre et élégant, exactement l’effet qu’il recherchait. Une fois satisfait de sa tenue, il quitta son dressing puis sorti de son appartement, fin prêt pour la soirée à venir.

Une fois arrivé sur place, Théodore regretta aussi que son cher cousin Ezéchiel ait déserté la soirée, vu les personnes présentes ce soir, il ne risquait pas vraiment de s’amuser. En plus, son crétin d’oncle était là ! De quoi l’enchanter… Si seulement il pouvait faire comme son père et rester sagement chez lui. Enfin bon, le jeune Crowford s’était douté qu’il n’y aurait personne de bien intéressant ce soir, c’était pour ça d’ailleurs qu’il avait essayé de convaincre Liam de l’accompagner ! Mais ce dernier avait refusé, laissant son meilleur ami seul et abandonné pour une soirée en compagnie de sang pur. Heureusement qu’il y avait un bar tiens, au moins ça l’aiderait à faire passer son ennui !

Enfin pour le moment, l’heure n’était pas venue pour qu’il s’enivre, il devait d’abord aller saluer l’hôte de la soirée, ainsi que les personnes qu’il connaissait. Heureusement que la diplomatie était son quotidien, parce qu’il perdrait vite patience avec les soirées de sang pur sinon ! Avec l’aisance que procure l’habitude et la confiance en soi, Théodore navigua de groupe en groupe pendant une partie de la soirée, saluant les hommes et discutant de leurs projets ou du ministère. Il était également capable de sourire aux femmes et il trouvait toujours un compliment à leur adresser, même si ce dernier était parfois faux, l’essentiel, c’était de paraître agréable et de donner une bonne image de soi. C’était ainsi que ça fonctionnait chez les sangs purs, c’était une sorte de concours dont le gagnant serait celui qui avait la plus grosse fortune, le plus d’allure et qui attirait le plus de sympathie. Autant dire que son oncle n’était pas prêt de le gagner ce concours !

Après avoir fait le tour de ses connaissances, le chef adjoint du bureau international des lois magiques décida qu’il était temps de s’accorder une pause. Certes il n’avait rien de particulier contre tous ces gens, mais il en avait assez d’assurer à tout le monde que oui, son père allait bien et qu’en effet, c’était regrettable qu’il ne soit pas là ce soir. En réalité il comprenait pourquoi Maximilian évitait ce genre de soirée, il était bien mieux chez lui, devant la cheminée, en train de lire. Il se dirigea donc vers le bar, où une jeune femme était assise et l’informa que le barman avait déserté son poste. Bah tiens, ça ne l’étonnait pas ça. La nouvelle le fit lever les yeux au ciel et il se tourna vers la demoiselle qui venait de le prévenir. C’était une jolie blonde, qui devait sans doute plaire à beaucoup d’homme, mais Théodore ne faisait pas attention à tout cela, il était comme captivé par une lueur qu’il avait cru voir dans son regard. Ne voulant pas mettre la demoiselle mal à l’aise, il détourna le regard.

-J’espère pour lui que la rousse en question valait le coup, commença-t-il sur un ton amusé, parce qu’il risque fort d’être renvoyé si on remarque son absence.

Décidant de prendre sa remarque au pied de la lettre, il passa derrière le bar et commença à farfouiller parmi les bouteilles pour voir ce qui était proposé. Le moins que l’on puisse dire, c’était qu’il y avait du choix, et de l’alcool de qualité ! Il trouva finalement une bouteille de bourbon de vingt ans âge et l’extirpa du bar, avec un verre, pour se servir.

-Je vous sers quelque chose ? proposa-t-il à la demoiselle avec un sourire en coin qui faisait souvent craquer les demoiselles sans pour autant qu’il ne le sache.

A la voir comme ça, toute seule au bar, il trouvait qu’un peu de compagnie, et sans doute un peu d’alcool, ne pouvait pas lui faire de mal.



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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Lun 14 Mar - 18:44



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Vendredi 11 mars 2016

Gavriil étudia le Crowford qui venait de s'asseoir sans chercher à se cacher, un sourire au coin de lèvres. C'était un sourire vide et creux, mais il avait tellement l'habitude d'être là lorsqu'il travaillait qu'il n'arrivait plus à s'en défaire. Ce sourire ne signifiait plus rien. C'était juste sa façade. Certains portaient des uniformes, lui portait sa tenue de séduction, et son avoir l'air attirant et affable en faisait partie. Il n'y faisait même plus attention. Sourire, parler, flatter l'autre, annoncer le prix, écarter les jambes, sourire, parler, flatter l'autre annoncer le prix, écarter les jambes, sourire... C'était toujours comme ça, toujours pareil, rien ne changeait, c'était tous les jours la même mélodie... Bien sûr entre temps il y avait les refus, les insultes, les regards méprisants, les ventes au noir sur le Chemin de Traverse et son boulot au Helly Heaven qui, au moins, lui permettait de reprendre pied.

Il ferma les yeux une seconde pour chasser ses pensées. Ce n'était pas le moment. Théodore Crowford était riche, avec un peu de chance il pourrait avoir un peu d'argent ce soir. Sans compter qu'il apprécierait largement plus de passer la nuit avec une personne comme lui qu'avec un nouveau vieux pervers ou qu'avec Celestin Fray, qu'il avait repéré avant de s'éloigner. Il n'irait avec lui que s'il avait réellement besoin d'argent. Il préférait s'en tenir loin tant qu'il le pouvait. Lorsqu'il les rouvrit, il s'était décidé à se concentrer le plus possible sur le moment présent et il reporta donc son attention sur le brun. Même s'il n'avait pas su qui il était, il l'aurait deviné. Vêtements hors de prix faits sur mesure, yeux bleus si caractéristiques de la famille, prestance et aura assurée, c'était sans contester le cousin d'Ezéchiel. Avec un air plus engageant. Il ne connaissait pas son père, Maximilian, mais il en avait entendu parler en bien. Il savait juste qu'il était honnête, ce qui faisait que Gavriil ne s'aventurait jamais du côté du département de la Justice Magique car il savait que là bas, les employés étaient travailleurs. Ça et la présence de Rosenbow qui le mettrait sans doute à la porte du Ministère dès l'instant où il le verrait.

-Ça m'étonnerait qu'il se fasse renvoyer, fit Gavriil avec un petit sourire.

Pas tant qu'il continuerait d'être l'amant de l'hôte de la soirée en tout cas. Croisant les jambes et se tournant vers Théodore, le russe posa son coude sur le comptoir, reposant son poids dessus afin de mettre sa taille en valeur, et le détailla. Gay ou hétéro ? Il penchait pour gay, étant donné qu'il n'avait jamais eu d'aventures connues avec des femmes. Avec des hommes non plus, mais il doutait fortement qu'il soit encore puceau et s'il était aussi discret dans sa vie sexuelle, c'était qu'il devait y avoir une bonne raison. Mais il n'en était pas certain, et puis la carte de la sensualité valait aussi bien pour les gays que pour les hétéros.

-Je prendrais une vodka, merci.

Ordinairement il préférait prendre des alcools plus doux quand il travaillait, parce que les femmes qui buvaient des choses fortes faisaient souvent peur aux hommes, mais il avait bien besoin d'un remontant. De toute façon il doutait fortement que Théodore accepte de le payer. Il était magnifique, bien foutu et agréable, il pouvait avoir qui il voulait sans avoir besoin de payer. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle il avait souvent des vieux ou des mecs moches. Il ne devait pas se leurrer, cet apollon n'allait certainement s'éterniser avec lui. En plus il devait avoir de la famille et des amis qui l'attendaient...

Il garda néanmoins son air enjôleur, au cas où, et lorsqu'il passa derrière le bar pour se servir un verre de bourbon il en profita pour jeter un coup d'oeil à sa silhouette. Oui, c'était vraiment dommage... Il eut un léger sourire en le voyant se servir un verre de bourbon. Ça ne l'étonnait pas trop, après tout les aristocrates étaient connus pour leur bon goût, et ce vin faisait parti du « bon goût socialement admis ». Personnellement, le blond n'avait jamais apprécié le vin. Il trouvait que c'était fade et il ne sentait même pas l'alcool. Comment faisaient donc les français pour s'enivrer avec ça ? La vodka c'était meilleur, pensa-t-il en s'enfilant son verre cul sec. Et zut. Il avait oublié la retenue... Ce n'était pas ce soir qu'il allait rentrer avec de l'argent... Il n'arrivait même pas à se concentrer assez pour la drague basique. Il faillit laisser échapper un soupir de désillusion mais se retint. Au point où il en était, il fallait bien qu'il sauve les meubles.

-Pas mauvaise, souria-t-il au brun avec un air aguicheur.

En vérité il penchait plus sur le mauvaise mais il s'en fichait bien. C'était fort, et la sensation de chaleur qu'il connaissait bien lui réchauffa un peu le cœur. C'était tout ce qu'il demandait.



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Dernière édition par Gavriil A. Ivanovski le Jeu 24 Mar - 13:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Lun 21 Mar - 22:06





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La blonde l’observait et ne cherchait apparemment pas à le cacher. Habitué à ce genre d’inspection mais néanmoins amusé, Théodore adressa un clin d’œil à la demoiselle avant de faire pareil. C’était une belle femme, assez jeune visiblement, l’aristocrate ne lui donnerait pas plus de vingt-trois ans, et avec de sacrées jambes ! Sans parler de sa taille fine et de ses hanches. Oui vraiment, elle avait de quoi plaire, lui-même qui était gay le reconnaissait, alors il ne comprenait pas pourquoi elle était toute seule au bar. Généralement, les femmes séduisantes étaient toutes assaillies dans ce genre de soirée, et il en fréquentait suffisamment pour le savoir. Peut-être traversait-elle une mauvaise passe ? ça expliquerait l’étrange lueur dans ses yeux qu’il n’avait pas réussi à identifier un peu plus tôt. En tout cas, il allait lui tenir compagnie au moins quelques minutes, s’il ne se faisait pas chasser par un malotru, c’était le minimum que pouvait faire un gentleman en trouvant une femme seule au bar. Sans compter que son père l’avait bien élevé. Quand la blonde affirma qu’elle doutait que le barman se fasse renvoyer, Théodore haussa un sourcil intrigué.

-Pourquoi donc ? La rousse avec laquelle il a disparu est la maîtresse de maison ? demanda-t-il amusé avec un sourire narquois.

Ça ne l’étonnerait pas ça tiens, les sang-purs ont beau toujours vouloir paraître propres sur elles, certaines ne disaient pas non à des aventures extra-conjugales ! Il avait même déjà reçu quelques propositions, c’était dire. Puisque le barman s’était absenté, Théo passa lui-même derrière le comptoir pour se servir un verre et en proposa un à la demoiselle. Il fut surpris quand elle lui répondit qu’elle voulait une vodka, mais il lui adressa un sourire. Au moins, elle s’assumait ! Ce n’était pas comme ces filles qui aimaient les alcools forts mais qui prenaient des cocktails « avec pas beaucoup d’alcool hein » - en gloussant au passage – pour se faire bien voir et garder une image correcte. Qu’est-ce qu’elles pouvaient être exaspérantes parfois ! Il disparut donc une nouvelle fois sous le comptoir pour chercher une bouteille de vodka et…malheureusement, il n’y avait pas grand choix et même pas de la bonne qualité, c’était une honte ! De dépit, il servit la moins mauvaise à la demoiselle et lui tendit le verre…qu’elle vida d’un trait. En la voyant faire, Théodore émit un petit rire amusé avant de faire de même avec son verre de bourbon.

-Et bien, on dirait que vous aviez soif, je vous en ressers un ? proposa-t-il avec un sourire en coin qui le rajeunissait de quelques années.

Quand la blonde déclara que la vodka était « pas mauvaise » Théodore esquissa une petite grimace d’excuse. Il était presque désolé d’avoir servi ça à la demoiselle, de la vodka qui n’était même pas russe d’ailleurs, c’était une honte tout de même !

-Entre nous, j’en ai des bien meilleure chez moi, mais tant mieux si elle vous convient.

Continuant à jouer son rôle de barman, il remplit de nouveau son verre de bourbon, ainsi que celui de la demoiselle, avec de la vodka qui ne devrait même pas se trouver dans un bar digne de ce nom, puis il s’accouda au bar pour la regarder dans les yeux. Ils étaient vraiment intéressants, d’une couleur qu’il n’arrivait pas vraiment à définir et ils semblaient cacher une infinité de secrets et peut-être même, une pointe de souffrance. Bien que ce genre de pensées ne lui ressemblait pas, Théodore avait envie de découvrir les secrets qui se cacher derrière les prunelles de la demoiselle.

-Maintenant que je vous ai servi un verre, dites-moi donc ce qu’une jolie blonde comme vous fait toute seule au bar alors que la fête bat son plein ? demanda-t-il en se penchant vers elle.

Parce que oui, c’était tout de même un point qu’il n’arrivait pas à éclaircir et qui l’intriguait drôlement, il n’avait pas l’habitude de trouver de pauvres femmes esseulées – et intéressantes – au bar.




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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Jeu 24 Mar - 13:42



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Vendredi 11 mars 2016

Gavriil avait l'impression que chacun de ses sourires lui demandait un effort inconsidéré. Relever le coin de ses lèvres exigeait de mobiliser toute sa volonté tant son cœur était lourd et tant il n'arrivait pas à oublier cet affreux sentiment de vide qui lui faisait un trou dans la poitrine. Pourtant ce n'était qu'une nouvelle séance de politesses habituelles... Il en avait tellement l'habitude que ça n'aurait pas dû être si difficile. Pourtant ça l'était.

Il se laissa inspecter, répondant au clin d'oeil du brun par un sourire. Ordinairement il aimait se faire regarder. Pas de la part de vieux pervers aux regards concupiscents, mais qu'on le détaille comme le Crowford était en train de le faire, avec un simple regard appréciateur sans arrière pensées, oui, il adorait ça. Pourtant aujourd'hui ça le mettait mal à l'aise. Son masque si beau et si attirant était à deux doigts de se fissurer, et il avait peur. Atrocement peur. Que pouvait bien voir le brun à travers lui ? Ses défenses étaient au plus bas. Et s'il découvrait ce que jamais personne ne devait découvrir ? Même si Eden en avait eu un bon aperçu, elle ignorait jusqu'à quel point les ténèbres étaient enracinées profondément en lui. Il faisait tout pour qu'elle ne le sache jamais. Tout comme les membres de sa famille. Il ne permettrait pas que quelqu'un comprenne un jour qu'à l'intérieur de lui, le gouffre de son mal être allait jusqu'à des abysses noires et insondables qui paniquaient le blond. Il craignait de tomber dedans et de ne plus jamais pouvoir en sortir. Et maintenant... Il se faisait inspecter alors qu'il était si faible et qu'il peinait à masquer ses pensées. Et ça le rendait fou.

Tentant tant bien que mal de conserver un air avenant et séducteur, Gavriil s'efforça de chasser ses réflexions de son esprit. Il pourrait peut-être avoir un client jeune et riche ce soir, s'il débrouillait bien, il fallait à tout prix qu'il se sorte tout ça de la tête. Il y réfléchirait plus tard, lorsqu'il serait seul, mais pas là. Pas maintenant, devant un témoin. Avec un petit rire, il répondit :

-Non, la maîtresse de maison est occupée à discuter avec son mari près des petits fours. En revanche il y a quelques jours elle était très... Affairée avec le barman.


Ça, il le savait très bien parce qu'il l'avait vu sortir en gloussant d'une chambre d'hôtel, le barman au bras, les cheveux en bataille et la robe mal fermée. Pas très discret somme toute. Mais bon, il était mal placé pour juger des déboires sexuels des autres...  

Il profita que Théodore se soit improvisé barman pour prendre une vodka qu'il vida d'un trait, oubliant la bienséance et les conventions. Il ne s'en souvint qu'en entendant le petit rire du brun. Au moins il le prenait bien... Il réussit même à tirer un très léger sourire, sincère pour cette fois, à Gavriil lorsqu'il fit de même et qu'il but tout son vin d'un seul coup, alors que le blond savait très bien que le bourbon se savourait ordinairement. De toutes évidences, Théodore était un homme bien. Cette constatation fit un pincement au cœur du russe. Un homme comme ça n'allait certainement pas se payer une prostitué alors qu'il pouvait avoir qui il voulait...

-Non merci, c'est gentil mais ça ira.

Boire lui rappelait douloureusement sa famille et le fait qu'ils désapprouveraient tous ses choix s'ils en avaient conscience. Et lorsqu'il parla de meilleures vodka chez lui ça ne l'aida pas à chasser le reste des Ivanovski de ses pensées. Lui aussi avait un meilleur alcool chez lui... Mais il ne pouvait pas rentrer. Pas maintenant, alors qu'il n'avait rien gagné. Il savait que depuis l'annonce de la fête de la Magie avait paru, Sonia, Nikita, Natasha et Alekseï étaient tous tout excité à l'idée d'y aller, mais Gavriil ne voulait pas les y emmener s'ils ne pouvaient rien s'y acheter...

Constatant que Théodore la regardait fixement dans les yeux, le blond détourna le regard. Il n'avait pas envie que son interlocuteur se rende compte que ses sourires se limitaient à sa bouche et que ses yeux étaient désespéramment vides et tristes. Il eut un sourire désabusé en entendant sa question. Il savait que le Crowford ne passerait pas sa soirée avec lui. Pas s'il devait payer. Ce ne serait pas son client. Il était trop jeune, trop beau, trop aimable. Pourquoi se payerait-il quelqu'un comme lui ? Il n'avait pas envie de se faire rejeter, mais c'était inéluctable, et il préférait que ça se passe vite plutôt que de faire durer la conversation et de lui faire perdre son temps.

-Je m'accordais une petite pause dans mon travail... Fit-il avec voix qu'il voulu enjouée. A moins que vous soyez partant pour me faire bosser ?

Il glissa son doigt sur la chemise du brun, le laisser vagabonder paresseusement sur son torse pour lui faire bien comprendre la nature du travail en question. Ainsi il se ferait jeter tout de suite et ne nourrirait pas de faux espoirs. Il n'aurait qu'à aller voir Célestin... Au moins il était sûr d'avoir de l'argent avec lui. Douloureusement gagné, mais de l'argent quand même.  



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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Mer 30 Mar - 21:11





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La mystérieuse blonde dont il ne connaissait pas le prénom avait un joli rire, constata Théodore avec un sourire attendri en l’entendant faire. Dommage que son rire sonnât creux, le brun était prêt à parier qu’un vrai rire sincère, venu d’elle-même serait beaucoup plus beau à attendre. Tout comme ses sourires, qui ne servaient que de façades et qui n’arrivaient pas à masquer cette lueur indéfinissable dans les yeux de la blonde. Théodore pouvait déjà assurer qu’un sourire sincère, un vrai, du genre qu’on ne pouvait pas empêcher de venir, même en essayant très fort, rendrait la demoiselle irrésistible. En fait, c’était ça le problème de la demoiselle, elle n’avait pas l’air très naturelle ce soir, mais l’aîné des cousins Crowford ne lui en voulait pas pour ça. Elle n’avait pas l’air dans son assiette, il n’allait pas lui reprocher d’essayer de cacher son mal être tout de même. Aussi ne fit il aucune remarque sur le manque de profondeur de son rire et lui adressa-t-il un sourire amusé. Ah ces bourgeoises sangs purs ! Ce qu’elles pouvaient être hypocrites !

-Et dire qu’elle a sermonné une de ses « amies » pendant près de cinq minutes tout à l’heure parce qu’elle a eu un regard un peu trop insistant sur un autre homme que son mari. Il n’y en a décidément pas une pour rattraper l’autre ce soir.

Il avait beau avoir parlé d’un ton aimable et sans se défaire de son sourire amusé, le terme « amies » était clairement dit avec ironie, et cela s’entendait bien. C’était tout le talent du Crowford, de faire ressentir ce qu’il pensait vraiment, sans pour autant se défaire de son charme et de sa politesse. Après avoir bu un premier verre, cul sec tous les deux, Théodore proposa à la blonde un autre verre, qu’elle refusa. Il pouvait comprendre, la vodka n’était vraiment pas terrible. Avec un haussement d’épaule, il remit la bouteille à sa place puis se servit un nouveau verre de bourbon qu’il sirota en prenant son temps. Et en détaillant la demoiselle qui l’intriguait de plus en plus.

-Vous vous ne voulez toujours pas me dire quel est votre prénom ? demanda-t-il avec ce sourire en coin absolument craquant dont il avait le secret.

Alors certes, il ne lui avait pas encore poser la question, mais ce n’était qu’un détail ça, parce que depuis qu’il avait engagé la conversation avec elle, il était curieux de connaître son identité. Oui, il voulait vraiment savoir qui était la personne qui se cachait derrière ce joli minois, songea-t-il en l’observant. Il n’avait jamais été spécialement attiré par les femmes, il préférait clairement les hommes – même si c’était bien caché – mais il savait reconnaître la beauté de ces dernières. Or, la demoiselle blonde au fort accent russe – ce qui l’amusait d’ailleurs – était belle. Et mystérieuse. Il se dégageait une certaine aura d’elle que l’aristocrate ne pouvait pas ignorer.

Finalement, il lui demanda ce qu’elle faisait toute seule au bar, au lieu d’être entourée d’une ribambelle de prétendants comme les autres demoiselles de la soirée. La réponse qu’elle lui donna le surprit plus qu’il ne l’aurait cru. Ainsi donc, elle était là pour travailler ? Il n’eut même pas le temps de lui demander ce qu’elle faisait que, déjà, elle lui donnait implicitement la réponse en lui proposant de la faire travailler. Si la remarque était innocente, le doigt qui parcourait son torse ne l’était pas du tout. Ainsi donc, la charmante blonde vendait son corps… Cette nouvelle laissa Théodore indécis et quelque peu perdu. D’ordinaire, il n’appréciait pas vraiment les professionnelles, mais celle-là… Elle le touchait d’une manière dont il ne s’était pas attendu. Peut-être était-ce à cause de son métier qu’elle avait cette étrange lueur dans les yeux. Il eut d’ailleurs un étrange pincement au cœur à l’idée de refuser sa proposition. Merlin seul savait entre quelles griffes elle allait finir. Pourtant, il prit la main qui vagabondait sur son torse et la porta à ses lèvres pour y déposer un baiser.

-Ca aurait été avec plaisir, assura-t-il avec une sincérité non feinte, malheureusement, je préfère les corps moins…voluptueux.

Il était le premier surpris par cet aveu qui était sorti avec un naturel déconcertant, mais finalement, ce n’était pas si mal. Peut-être qu’ainsi la demoiselle comprendrait qu’il ne la repoussait pas à cause de son métier, mais parce qu’il n’était pas en mesure de la faire travailler.

-Par contre, si vous n’êtes pas contre le fait de prolonger votre pause, je me ferais une joie de vous faire danser, proposa-t-il en tendant la main vers elle.

Aussi égoïste cela soit-il, il n’avait pas envie de la voir filer et disparaître dans les bras d’un autre homme. Il avait envie de passer encore quelques minutes avec elle, que ce soit pour percer ses secrets, ou pour voir le mystère s’épaissir davantage.




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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Dim 3 Avr - 13:26



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Vendredi 11 mars 2016

Alors que Gavriil croisait le regard de Théodore, il remarqua que quelque chose le froissait. Mais il n'arrivait pas à savoir quoi, et ça le perturbait. Ordinairement il était toujours très clairvoyant et arrivait bien à cerner les gens mais là... Quelque chose lui échappait, dans son regard. Une sorte d'étincelle qu'il ne parvenait pas à saisir. Peut-être était-ce dû à leur différence... A leurs mondes trop éloignés. Pourtant il avait déjà rencontré des personnes qui évoluaient dans un univers totalement opposé sans qu'ils aient ces yeux... Étranges. Insaisissables. Frustrant.

Le russe se força à esquisser un sourire amusé, quoiqu'un peu désabusé, à la remarque du brun. Oui, il savait bien que beaucoup de sang-purs avaient tendance à jouer aux hypocrites, c'était bien connu. Heureusement qu'ils n'étaient pas tous comme ça... Et puis après tout il était comme eux. A sourire aimablement, à faire semblant d'apprécier des gens qu'il détestait. Le fait que c'était son métier n'excusait rien. Il ressemblait à ceux qu'ils méprisaient... Il les trouvait vides mais en réalité il était tout aussi creux que tous ces aristocrates qui n'avaient aucun but dans la vie autre que plaire...

Il descendit un verre de vodka avant d'en refuser un deuxième, et ne put s'empêcher de noter que son interlocuteur savourait à présent son vin. Preuve, s'il en fallait, qu'il avait bien bu à sa vitesse pour ne pas la mettre mal à l'aise. Il avait l'habitude de cotoyer des fêtes remplies d'aristocrates mais paradoxalement, il ne rencontrait jamais ou très rarement de gentlemen. Ça lui faisait bizarre... Quelqu'un d'autre que sa famille ou de ses proches qui lui parlait comme à un égal. Sauf qu'ils n'étaient pas du tout égaux. Il allait vite s'en rendre compte... C'était normal après tout. Même s'il regrettait un peu de devoir le lui dire... Il appréciait de se faire traiter aussi bien, mais ça ne pouvait pas durer. Il ne méritait pas vraiment un tel traitement.

-Vous ne me l'avez pas demandé, souria Gavriil. Et vous ne vous êtes pas présenté non plus M. Crowford... Moi qui croyait que votre politesse était légendaire ! Je m'appelle Gabrielle.

Il avait dit ça sur le ton de plaisanterie, il ne voulait pas se le mettre à dos. Bon, il doutait qu'il soit le genre à s'offusquer pour si peu mais il avait appris à être prudent avec les sang-purs... Surtout avec les Crowford. Penser à ça lui rappela douloureusement l'épisode Ezéchiel. Il s'était montré aimable jusqu'à ce qu'il apprenne ce qui se trouvait sous ses robes... Bon, Gavriil avait toujours connu son caractère mais... Il dévisagea Théodore, prudent. Se pouvait-il que sous ses airs gentils se cache un autre Ezé ? Non. Il voulait croire que non. Son regard avait trop... Sincère. Mais il fallait bien qu'il apprenne ce qu'il était et ce qu'il valait un jour... Alors le blond préféra mettre les choses au clair directement. C'était trop douloureux de se faire de faux espoirs.

Devant son aveux, le Crowford sembla perdu et gêné. Forcément... Dans son monde, il n'y avait pas de prostitué. Ce devait être la première fois qu'il en croisait une... Il allait sûrement finir par le laisser parce qu'il n'allait pas savoir comment se comporter avec lui. C'était déjà mieux qu'un air méprisant... Comme celui qu'avait eu son oncle par exemple. Théodore se contenta de refuser poliment son offre. Trop aimable, songea le russe. Mais bon, il s'était attendu à ce qu'il décline. Au moins il avait été poli. Et il avait beau lui dire qu'il préférait les hommes, il imaginait bien que même sons ça il n'aurait pas accepté. Honnêtement, pourquoi l'aurait-il fait ? Un homme comme ça n'avait nul besoin de payer. Cela dit il n'était pas très surpris de savoir qu'il avait un faible pour les hommes. Ça expliquait pourquoi sa vie sexuelle était si discrète. Pourtant il aurait bien aimé savoir ce que ça faisait... Une nuit avec un homme comme lui. Juste une nuit. Juste pour savoir. Un voile mélancolique passa devant ses yeux. De toutes façons il savait bien que même ça, il n'y avait pas droit. Il le savait mais...

Il leva la tête, croyant avoir mal entendu. Il devait avoir mal compris... Il ne pouvait pas lui avoir proposé une danse ? A quoi cela rimerait-il ? Passer du temps avec lui... Sans rien avoir en échange ? Qu'espérait-il ? Attendait-il quelque chose en particulier ? Il avait forcément une idée derrière la tête. Pourquoi gaspiller son temps avec une prostitué sinon ? Perdu et étonné, Gavriil détailla le brun.

Non, il semblait, encore une fois, parfaitement sincère, ce qui lui coupa momentanément le souffle. Là, comme ça, la main tendue devant lui, il était... Magnifique. L'espace d'une seconde, d'une courte, merveilleuse et intense seconde, le jeune homme se sentit comme une princesse. Puis la réalité repris ses droits, et il compris enfin ce qui le froissait chez Théodore. En fait, c'était simplement un détail tellement incongru, tellement inhabituel chez ses interlocuteurs qu'il n'avait pas réussi plus tôt à le percevoir tant il ne s'y attendait pas. Le beau regard bleu de Théo était... Prévenant. Attentionné. Peut-être même... Respectueux ?? Il le regardait comme sa famille le faisait. Comme Eden. Comme Lizzie ou Lana. Comme... S'il était une personne de son monde. Et ça... ça le laissait... Juste... Complètement perdu. Il ne le connaissait même pas ! Et il lui accordait un tel traitement, sans savoir qui il était ?

-Je... Fit Gavriil qui n'arivait pas à décrocher son regard du sien.

Hypnotisé par cette expression qu'il avait si peu l'habitude de voir dans des yeux inconnus, le blond vit sa main se lever malgré lui et se loger dans celle du Crowford. Il se leva, sans lâcher les prunelles bleus et se dirigea vers la piste de danse.



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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Lun 2 Mai - 17:15





Devil Inside


 


La blonde avait du répondant et un sacré sens de l’humour, constata Théodore quand elle lui fit remarquer qu’il ne s’était pas non plus présenté…En l’appelant « monsieur Crowford » ! Visiblement, elle savait très bien qui il était et bien qu’il arrivait parfois qu’on le reconnaisse, il fut surpris que la jolie blonde, ou plutôt Gabrielle, sache qui il est. Généralement, les gens connaissaient surtout Ezéchiel et Alexandre, son oncle de malheur, les « vrais » héritiers de la famille Crowford. Parfois son père aussi, qui était reconnu pour son excellent travail au sein du département de la justice magique, mais lui… Il n’était que la brebis galeuse des Crowford – enfin d’après son oncle – le Crowford qui n’aurait jamais dû voir le jour, celui qui était indigne de porter ce nom, celui qui n’aurait sans doute jamais de reconnaissance… Mais il se moquait bien de tout ça ! Alexandre pouvait bien dire ce qu’il voulait, il n’en avait rien à faire, il savait qui il était lui ! Il était Théodore Crowford, et ses yeux bleus le prouvaient bien, qu’importe ce que disait son salaud d’oncle.

-Pardonnez mon manque de savoir vivre douce Gabrielle, lu souffla-t-il sur un ton charmant avant de lui faire une petite révérence. Je suis Théodore Crowford, pour vous servir gente dame, déclara-t-il en se relevant avec un petit sourire malicieux.

La demoiselle plaisantait en parlant de sa politesse « légendaire » il pouvait bien plaisanter en retour en jouant au chevalier servant. En vérité, cette situation l’amusait réellement, parce qu’elle avait raison sur toute la ligne. D’ordinaire, il se présentait avant de demander l’identité de ses interlocuteurs, mais ce soir…l’ordinaire semblait être resté chez lui visiblement. Il appréciait réellement la compagnie de Gabrielle, et son répondant l’amusait vraiment. Il trouvait seulement dommage que ses sourires ne se reflètent pas dans ses yeux et que ces derniers soient habités par ce voile qui semblait être de la tristesse… Peu importe ce dont il s’agissait au final, il avait juste cette envie, irrésistible et impossible à ignorer, de faire disparaître cette lueur pour voir une joie éclatante dans les yeux à la couleur indéfinie.

-Vous avez un prénom charmant, qui vous va à ravir, ajouta-t-il en la détaillant avant d’être pris d’une pulsion soudaine et de l’embrasser sur le front. Un prénom qui convient parfaitement au petit ange que vous êtes…

Enfin petit…pas exactement ! Songea-t-il amusé. La demoiselle était grande, et bien qu’elle soit assise, il pouvait le remarquer. Et le terme d’ange…disons qu’il convenait à moitié puisque Gabrielle lui faisait plutôt penser à un ange déchu, qui devait sûrement être en train de se noyer et qui cherchait à sortir la tête de l’eau. Si elle cherchait une bouée de sauvetage ou quelqu’un à qui s’accrochait, il voulait bien l’aider lui, même s’il ne la connaissait pas et qu’il ne savait rien d’elle. Sa détresse faisait étrangement écho en lui, et son regard mélancolique lui serrait le cœur sans raison apparente. Il avait envie de la prendre dans ses bras, de lui assurer que tout irait bien et que le soleil brillerait aussi pour elle bientôt. Mais qui était-il pour faire ça ? Qui était-il pour lui assurer que tout aller s’arranger alors qu’il ne savait rien de ses problèmes ? Il n’était personne, rien qu’un inconnu rencontré en réception. Une parenthèse dans sa soirée, qu’elle oublierait sûrement bien vite. Mais lui, il savait d’ores et déjà qu’il ne l’oublierait pas aussi facilement, qu’il ne l’oublierait sans doute jamais. Il savait que ces yeux, empreint de mélancolie et de détresse viendrait le hanter, et qu’il ne ferait rien pour les chasser. Il savait aussi que, quoiqu’il advienne ce soir, il chercherait à la revoir.

Même quand il comprit que Gabrielle vendait son corps pour se faire de l’argent, Théodore resta sur ses convictions. Au contraire même, ces dernières ne firent que se renforcer davantage. Etait-ce que là que venait sa détresse ? Du fait qu’elle se vendait elle-même à des hommes pour gagner sa vie ? Sur quel genre de clients tombait-elle ? Des pervers ? Des sadiques ? Des pourritures qui faisaient baisser son estime d’elle et qui la détruisaient à petit feu ? Il refusait de laisser une telle chose se produire ! Gabrielle…Elle semblait si fragile, si délicate, il avait l’impression qu’un rien pourrait la briser ce soir et il était hors de question qu’il laisse quelqu’un lui faire du mal ! Il ne voulait pas la laisser partir, il voulait rester avec elle. S’il avait d’abord cru qu’il voulait juste prolonger leur tête-à-tête de quelques minutes, il comprenait à présent que la réalité était tout autre. S’il le pouvait, il l’emporterait avec lui, loin d’ici et de tous ces hommes qui pouvaient potentiellement la détruire. Il l’emmènerait chez lui, quitte à devoir payer pour ça. Il la garderait avec lui, la serrerait dans ses bras, toute la nuit s’il te faut, en espérant de toutes ses forces pour que ça aide un minimum la demoiselle.

La main tendue devant lui, vers la jolie blonde qu’il souhaitait tant protéger, lui proposant une danse. Il ne l’enlèverait pas tout de suite, ils étaient tous les deux à une fête, autant en profiter un minimum. Sans compter qu’une danse…c’était une bonne excuse pour la serrer dans ses bras sans que cela paraisse suspect ou déplacé. Il observa Gabrielle, il vit sa surprise puis son air perdu quand il lui fit sa proposition et finalement, elle ouvrit la bouche, mais elle semblait incapable de parler. Il eut peur qu’elle le rejette mais il constata, soulagé, qu’elle glissait sa main dans sa sienne, acceptant son invitation. Avec un sourire rassurant, il l’aida à se lever puis la conduisit jusque sur la piste de danse. Une fois arrivés à destination, il prit délicatement dans ses bras et la rapprocha de lui afin de la serrer contre lui, dans une étreinte chaleureuse et rassurante. Certes, ils étaient plus proche l’un de l’autre que la plupart des danseurs, mais il s’en moquait bien. En cet instant, il n’y avait plus que lui, Gabrielle et ses yeux gris envoûtant dont il ne parvenait pas à se détacher.

-Vous savez Gabrielle, souffla-t-il doucement, qu’importe que la nuit soit sombre et nuageuse, le soleil finit toujours par reprendre ses droits…

Qu’importe la tristesse et la détresse qu’elle ressentait, le bonheur finirait toujours par revenir à un moment ou à un autre, et il espérait de tout son cœur qu’il le ferait rapidement. Désireux de chasser de l’esprit de la demoiselle toutes les pensées négatives qu’elle pouvait avoir, il se mit à la faire tourner, avec élégance. Il dansa avec elle, comme s’ils étaient seuls au monde et que rien d’autre ne comptait pour lui que cette danse qu’il partageait avec elle, ces quelques minutes hors du temps qui leur étaient accordées, ce qui était un peu le cas d’ailleurs.



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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Mer 18 Mai - 21:49



Devil inside


   


Vendredi 11 mars 2016

En voyant le Crowford se présenter avec une politesse volontairement exagérée, Gavriil eut un sourire amusé. Ce n'était certes pas un sourire rayonnant, plutôt le simple rehaussement de ses lèvres, mais il n'aurait jamais pensé pouvoir être sincèrement amusé pendant cette soirée. Mais il fallait dire que la tête du brun, couplée à sa révérence et à son langage courtois, parodiait à merveille les sang-purs et leurs manières pointilleuses. Et fait par un sang-pur justement... C'était assez cocasse pour que le lycanthrope trouve ça drôle. Et puis... L'air malicieux de Théodore était, il devait le reconnaître, vraiment sexy.

Un petit rire sortit de ses lèvres. Un prénom charmant ? S'il n'avait pas eu le même en deuxième prénom, le compliment aurait pu être plus crédible, même si Gavriil se doutait qu'il était sincère. Mais la coïncidence était plaisante. A moins qu'il ne se trompât, une possibilité à ne pas exclure. Il avait certes un très bonne mémoire, mais il restait humain, il lui arrivait de se tromper... Même si traîner dans tous les bars de la ville avait ses avantages et lui permettait de tout savoir, ou presque, sur beaucoup de choses, parfois les informations récoltées étaient fausses. Il fallait bien qu'il y ait un prix. Avoir accès à tant de données aurait été trop facile autrement. Parce que oui, se laisser docilement faire lorsqu'un homme l'emmenait pour le prendre, c'était facile. A pleurer tellement c'était simple. Et pourtant... Atrocement douloureux.

-Cela nous fait un point commun alors, sourit le russe sans préciser, volontairement, s'il parlait de leur prénom ou du fait qu'ils le portaient bien.

En revanche, son sourire disparu avant même qu'il ne s'en rende compte en entendant la suite de la phrase. Lui ? Un ange ? Il en était le parfait opposé : une créature monstrueuse qui n'avait d'humain que l'apparence, souillée et sale jusqu'à la moelle. S'il avait un jour été un ange, alors on lui avait violemment arraché ses ailes lorsqu'il avait 14 ans pour le traîner dans la boue et dans la honte des Enfers. Il partageait son corps avec un démon... Il n'était même pas un homme, comment aurait-il pu être un ange ? Il habitait dans les ténèbres, et il avait cessé depuis bien longtemps de croire au Paradis.

Remarquant avec effroi qu'il avait, l'espace d'une seconde, laissé tomber son masque, il se hâta de se recomposer une expression avenante, un peu séductrice et mystérieuse, en priant de toutes ses forces pour que Théodore n'ait rien vu. Après tout, il ignorait quelle tête il avait fait. Il n'avait fait que penser, ça ne s'était peut-être pas vu sur son visage... Sous le coup, il faillit ne pas remarquer que le visage du brun s'approchait du sien. Habitué à ce genre de choses, il ne broncha pas. Ça se terminait toujours comme ça... Même si au moins, lui était différent. Il venait de réaliser que ça ne pouvait justement PAS finir comme ça car le Crowford était gay et pensait qu'il était une femme lorsque les lèvres du brun se posèrent sur son front. Surpris, il leva les yeux pour tomber sur le regard bleu si particulier à la famille de Théo. Il ne s'attendait pas vraiment à cette marque d'affection innocente, et il ne comprenait pas du tout quel était le message. Lui qui était ordinairement si lucide se sentait confus et ne voyait aucune raison à ce geste.

Et cette confusion lui faisait faire n'importe quoi. Il avait l’impression de nager en plein rêve. La situation lui échappait... Lorsque le sang-pur lui pris doucement la main pour l'inviter à danser, il crut que les événements tournaient en sa faveur. La danse, voilà un terrain qu'il maîtrisait à la perfection. Malheureusement, à peine se colla-t-il contre son torse que son cœur rata un battement. Il n''aurait pas pu mettre de mots sur ce qu'il ressentait, mais il avait une irrépressible envie de se blottir contre lui, que ces bras viennent se refermer autour de lui, de se sentir protégé. Parce qu'il était certain que contre lui, on devait être en sécurité. Ou tout au moins, en avoir l'impression. Et il voulait ressentir ça car sans qu'il sache pourquoi, en cet instant, il était affreusement vulnérable. Comme la flamme d'une bougie que la cire fondue et le vent menacent d'éteindre... Certes ses mains l'entouraient, mais il restait une distance entre eux, rendue infime par la danse, mais une distance tout de même. Sûrement pour lui rappeler qu'ils vivaient dans deux mondes bien distincts que rien ne pourraient réunir...

Pris de court une nouvelle fois par les paroles du brun, Gavriil s'entendit répondre :

-Tout comme la nuit finit toujours par reprendre les siens...

Il lui avait semblé que quelqu'un d'autre avait parlé, mais non, c'était bien lui. Pourtant ça ne pouvait pas être lui. Ça ne devait pas être lui ! Cette voix aux accents désespérés ne pouvait pas avoir franchi ses lèvres. Il devait rester fort... Mais il se sentait tellement seul... Avant même de s'en empêcher, l'une de ses mains, auparavant posée sur l'omoplate de Théodore, glissa jusqu'aux hanches du Crowford où elle s'agrippa à sa chemise avec toute la force de son déchirement.

-Si je vous dis que je m'appelle Gavriil... Vous accepteriez de passer la soirée avec moi ?

Il essaya faiblement de lui sourire, dans une vaine tentative de conserver le peu de dignité et de contrôle de lui qu'il lui restait. Il ne l'expliquait pas mais il avait peur, atrocement peur de se retrouver seul. Il craignait les ténèbres autour de lui, presque autant qu'il craignait ce qu'il pourrait faire s'il se mettait à flancher. Le regard pur de Théo était comme une bouée dans le lointain, un éclat salvateur, mais c'était un rêve que de croire qu'il pourrait les atteindre...



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Dernière édition par Gavriil A. Ivanovski le Dim 31 Juil - 16:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Devil inside ~ Théo Ven 22 Juil - 16:57





Devil Inside


 


Intrigué par le point commun qu’ils avaient d’après Gabrielle, Théodore se demanda s’il s’agissait d’une référence à son deuxième prénom – qui était également Gabriel – ou s’il était, au contraire, question de tout autre chose. Il lui aurait volontiers posé directement la question si son attention n’avait pas totalement été détournée lorsqu’il avait comparé la jolie blonde à un ange. A l’instant même où il avait prononcé ces mots, la demoiselle avait perdu son sourire. Quant à ses yeux, ils avaient semblé être le reflet d’une âme tourmentée et désespérée que rien ne pouvait apaiser. Ça n’avait duré que quelques secondes, mais ce court laps de temps avait été amplement suffisant pour donner envie à Théodore de serrer Gabrielle contre lui…pour ne plus jamais la laisser repartir. Il ne la connaissait pas, ne lui parlait depuis même pas vingt minutes, mais il savait, il le sentait au plus profond de lui, qu’elle avait besoin que quelqu’un lui tende la main, que quelqu’un la rassure, que quelqu’un la console et lui assure que tout irait bien. Elle essayait d’être forte, mais au fond, elle n’était qu’une petite fille cachée dans un placard, par peur du monstre sous son lit, qui attend que quelqu’un lui dise qu’elle ne craignait rien.

La détresse de la demoiselle n’était restée sur son visage que l’espace de quelques secondes, avant d’être remplacée par une expression séductrice. Un sourire étiré ses lèvres mais il ne se reflétait pas dans ses yeux. Ce qui n’empêcha pas pour autant l’aristocrate de lui rendre son sourire. Il avait beau avoir eu un aperçu de ce qui se cachait derrière son masque, il ne voulait pas lui faire peur en lui montrant que c’était le cas. Théodore connaissait bien ce genre de réaction, il avait rencontré suffisamment de personne désirant se cacher derrière une apparence plus forte ou plus belle pour ne pas révéler leurs points faibles aux autres. Lui-même se cachait derrière la politesse et la diplomatie dans le cadre de son travail. Toujours était-il qu’il y avait une forte chance que Gabrielle panique si elle savait ce qu’il avait vu. Or, ce n’était absolument pas ce qu’il voulait. Il ne voulait pas que la demoiselle s’éloigne, il voulait qu’elle reste auprès de lui et qu’il l’aide à se débarrasser du poids qui semblait l’écraser.

La surprise prit alors place sur le visage de la belle. Une surprise réelle, non feinte, et presque innocente. Tout ça parce qu’il avait posé un baiser sur son front. Vu les révélations qu’elle lui avait faites, il pouvait supposer sans encombre que ce n’était pas un geste auquel elle était habituée. Malgré tout, la surprise qu’elle ressentait, puis la confusion qui prit place, attendrit Théodore, qui ne chercha même pas à cacher cette émotion de son visage.

-Vous êtes adorable, Gabrielle, lui souffla-t-il après l’avoir conduite sur la piste de danse et l’avoir prise dans ses bras.

C’était réellement ce qu’il pensait, il la trouvait adorable lorsqu’elle ne se cachait pas derrière son masque. D’ailleurs, Théodore faisait partie de ces hommes qui disent ce qu’ils pensent lorsque la situation le permet, parce que, pour être honnête, dire au milieu d’une discussion sur un traité de lois magiques internationales que le représentant du gouvernement italien était un abruti qui ferait mieux de se concentrer sur les lois en question plutôt que sur les jambes d’une dignitaire française n’était pas vraiment une bonne idée. Sauf si on voulait créer un incident diplomatique ou créer une guerre. Profitant de la danse pour la serrer dans ses bras comme pour la soutenir, la réconforter ou encore lui faire comprendre qu’elle n’était pas seule, l’aristocrate choisit ce moment-là pour essayer de la rassurer. Malheureusement, ses mots ne semblèrent pas avoir l’effet escompter et la réponse de Gabrielle lui arracha un sourire quelque peu mélancolique qu’il se hâta de changer en sourire rassurant. Délicatement, il ôta l’une de ses mains qui étaient posée sur la taille de la demoiselle pour prendre son menton entre ses mains, lui faisant ainsi relever la tête pour plonger ses yeux bleus dans ceux de la jeune femme, dont il n’arrivait toujours pas à déterminer la couleur.

-Vous savez Gabrielle, qu’importe que la nuit soit sombre, s’il y a quelqu’un pour vous tenir la main, rien ne pourra vous arriver. Qu’importe la peur que vous ressentez, le soleil finira toujours par briller si vous lui laissez le temps d’apparaître, et si la patience n’est pas votre fort, laissez-moi vous dire un secret…

Il se pencha volontairement vers elle afin de lui souffler les derniers mots à l’oreille d’une voix douce et pleine d’assurance.

-Le soleil brille toujours quelque part.

Il ne savait pas si ça la rassurerait ou non, mais il n’avait pas pu rester de marbre face à sa voix désespérée. Il continua de la fixer dans les yeux, essayant de lui montrer son soutien à travers cet échange. Sa main jusque-là sur son menton glissa alors sur son visage jusqu’à se poser sur sa joue qu’il se mit à caresser doucement. Un geste tendre, sincère, sans aucunes arrières pensées. Un geste qui n’avait pour but que d’apaiser un peu la tristesse de la blonde. Un geste qui permis au brun de découvrir à quel point la peau de sa cavalière était douce et délicate. Il laissa également la main de Gabrielle quitter son omoplate pour se poster sur sa hanche où elle attrapa le tissu de sa chemise. Ce geste, riche de sens, troubla quelque peu le diplomate, mais bien moins que la suite.

Gavriil ? S’il ne se trompait pas, et il y avait très peu de chance qu’il le fasse, c’était un prénom russe…masculin. Il avait déjà deviné que la demoiselle était d’origine russe, ou du moins soviétique. Par contre, il n’avait pas vu venir que la demoiselle…Et bien, n’en était pas une. Troublé, il plongea d’avantage son regard dans le sien, comme pour y déceler la vérité et ce qu’il vit dans son regard le convint définitivement de venir en aide à Gabr…Gavriil. Sa main, jusque-là sagement posée sur sa hanche glissa dans son dos pour plaquer le jeune homme contre lui, serrant étroitement son corps contre le sien. Les yeux toujours plongés dans les siens, comme pour le rassurer, il avança son visage vers lui, jusqu’à poser ses lèvres sur les siennes afin de l’embrasser avec une infinie tendresse.

-D’accord…souffla-t-il d’une voix douce contre ses lèvres une fois le baiser terminé. Allons chez moi dans ce cas, tu y passeras la nuit…C’est d’accord ?

Ce n’était pas dans son habitude de faire ce genre de choses, tout comme ce n’était pas dans son habitude d’embrasser une « femme » au milieu d’une réception sang pur. Il était d’ailleurs prêt à parier qu’il en entendrait très bientôt parler, de ce baiser, mais il s’en moquait royalement. De toutes manières, Gavriil était une femme bien plus belle que la moitié des hypocrites présentes ce soir et il était, sans conteste aucun, la seule et unique personne avec qui Théodore voulait repartir de cette soirée.

-Je prendrais soin de toi Gavriil, je te le promets, lui assura-t-il avec sincérité en continuant de caresser sa joue.

S’il devait être honnête avec lui-même, Théodore aurait sans aucun doute reconnu qu’il ne parlait pas de la nuit à venir, mais bel et bien d’une généralité. Il n’était pas en train de lui promettre de prendre soin de lui pour quelques heures, mais de le faire jusqu’à la fin de ses jours, bien qu’il n’en ait absolument pas conscience.



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